
Article écrit par Pierre Hermans
Difficile d’échapper à la surmédiatisation du poker en ligne depuis la légalisation de ce secteur en juillet 2010 : le Paysage Audiovisuel Français est aujourd’hui quasiment saturé de spots et encarts à la gloire de ce jeu de cartes tant à la mode. Si aujourd’hui 34 opérateurs se partagent le marché du poker, des paris sportifs et des paris hippiques en ligne, un certain flou juridique règne toujours quant au statut de cet autre jeu d’argent qui génère de manière entièrement informelle des millions d’euros de chiffres d’affaires annuel : le casino en ligne.
En effet, le casino en ligne n’est pas inclus dans les jeux de cercles autorisés par l’ARJEL, l’Autorité de Régulation des Jeux en Ligne ; légalement parlant, les jeux de machines à sous, blackjack, craps ou autre roulette sont interdits dans l’Hexagone. Suite à ce changement législatif, les meilleurs casinos en ligne ont fui le marché français, de peur de s’attirer les foudres de l’ARJEL.
L’époque de la Prohibition est peut-être loin derrière nous, mais quelques 80 ans après, sa morale reste la même : interdire une pratique ne conduit pas forcément à son extinction. Et malgré le statut illégal du casino sans depot en ligne en France, de nombreux joueurs expriment toujours le besoin d’assouvir leur passion du jeu. La main invisible d’Adam Smith ayant depuis juin 2010 auto-régulé le marché, une myriade de nouveaux opérateurs de casino en ligne proposent aujourd’hui leurs services aux joueurs français. Nul besoin de préciser que ces opérateurs officieux (pour ne pas dire douteux) échappent à toute taxation de la part de l’ARJEL, qui a récemment promis, par l’intermédiaire de sa directrice des affaires internationales Eleonore Para, de redoubler d’effort pour lutter contre les casinos illégaux.
La croisade fiscale d’un organisme aussi tentaculaire que l’ARJEL arrivera-t-il à ses fins face à d’innombrables opérateurs à l’existence éphémère et n’ayant comme paravent légal qu’un nom de domaine et une boite postale à l’offshore ?
De nombreuses voix se sont fait récemment entendre face à cette situation que certains qualifieraient d’ubuesque. Les groupes BetClic et Bwin ont demandé, outre un assouplissement de la taxation sur le poker, l’autorisation des jeux de casino en ligne sur le marché français. Alexandre Dreyfus, le charismatique PDG de ChiliPoker, a quant à lui soulevé sur son blog certaines aberrations liées à ce nouveau cadré législatif : les sites M6.fr et TF1.fr proposeraient en effet, grâce à une certaine parade légale, des jeux de casino et de bingo avec argent réel !
Si le Black Friday a secoué le marché du « gambling » aux Etats-Unis, faut-il aussi s’attendre en France à un Vendredi Noir du casino ?









Effectivement, l’état français fait comme d’habitude, il a le cul entre deux chaises, mais j’espère que les choses vont aller en se clarifiant, car là c’est vraiment le brouillard façon purée de pois !