Blogueurs & DDL

Il y a quelques temps, j’ai envoyé un mail à plusieurs blogueurs et je leur ai demandé ce qu’ils pensent du DDL (Direct Download). Aujourd’hui je me décide enfin à écrire l’article, avec les réponses des blogueurs et mon avis.

Avis de blogueurs

Avis des blogueurs :

Alexandre de Keeg

Le téléchargement direct… J’ai du mal à me forger mon propre avis sur cette question. Je pense d’abord que pour que tout le monde comprenne, il faut rappeler le contexte de ce qu’on appelle aussi dans le langage courant le « DDL » (direct download). Impossible de se forger un avis constructif si on ne dispose pas toutes les clés de la problématique.

La question du DDL se pose à partir du moment où celui-ci se développe. Il y a quelques bonnes années, il commençait tout juste à faire surface. Maintenant, c’est l’explosion ; et en n’en pas douter, la France risque d’être à la pointe en matière de DDL. Il y a trois facteurs qui favorisent et vont favoriser encore le développement du DDL :

• L’augmentation du débit Internet (téléchargement)
• La baisse des coûts des serveurs (stockage)
• La mise en place de systèmes répressifs visant le P2P (HADOPI)

Ouais, je sais, je n’ai toujours pas donné mon avis. Cette situation me fait penser à tout un tas d’autres secteurs où on a vu évoluer une véritable économie parallèle.

Le prix énorme des cigarettes ? Direction Andorre… ou pire, l’importation illégale de cigarettes hautement toxiques venant de pays lointains.

La chasse aux drogués ? Ils se piquent en cœur sous les points. En plus d’être drogué, tu choppes une bonne maladie bien grasse. Pourtant des initiatives ou tentatives intelligentes sont possibles.

Comme j’ai pu le dire sur l’excellent blog Plug’n Geek de Skalp, « quand on tente de cadenasser un secteur, une économie parallèle se développe et elle n’a pas d’autres choix que d’être lucrative ». Oui, car le véritable problème pour moi, c’est une question de morale. Rapidshare, Megaupload et toute la clique brassent un fric assez conséquent. C’est obligatoire, le crime paie, le risque doit être payé et ces systèmes ont FORCEMENT besoin de dollars pour fonctionner.

Pourtant, la question du partage via torrent ou autre P2P prône à la fois le véritable partage, la gratuité, l’indépendance et l’accès à la culture. Il y aura toujours des vierges effarouchées qui viendront dénoncer ces pratiques (mais on peut comprendre et valider leur raisonnement). On les connait, elles mangent grassement au banquet de Matignon en ce moment même.

Ils ont tenté de cadenasser une migraine, ils ont développé une gangrène.

Du coup, mon avis est partagé. Effectivement, le DDL provoque le téléchargement illégal largement monnayé… ce qui était assez loin d’être le cas globalement avec le P2P. Mais d’un autre coté, cet exemple là, aussi néfaste soit-il, démontre qu’Internet reste toujours un espace de liberté ou il est toujours possible de s’exprimer malgré les lobbies et politiques près à sortir la guillotine. Et véritablement, ça n’a pas de prix (c’est le cas de le dire).

Entre temps, tout le monde se sert, morale ou pas.

Norédine de Gizmodo

Si j’achète un DVD et que je le prête à un ami, cela ne fait pas moi un pirate puisque je ne demande rien en échange. Et pourtant, le gouvernement et les majors tentent de nous faire croire qu’en partageant un produit culturel, nous le tuons. C’est archi-faux. Tout ce que le consommateur fait, c’est faire circuler l’information. C’est comme ça que fonctionne Internet, et ce qui le constitue les blogs ou même les sites commerciaux. C’est un peu comme un livre. On l’aime, on le prête à quelqu’un, on peut le conseiller, l’offrir, on peut même le revendre à un bouquiniste. Et sur Internet, il y a un verrou supplémentaire. Quand on achète un film dématérialisé, on ne peut pas le revendre.

Pour moi, un pirate est celui qui tente de gagner de l’argent en s’appropriant le travail d’un autre. C’était le cas au XVIIe siècle avec les pirates qui s’emparaient du butin d’un navire marchand. Et c’est le cas aujourd’hui avec les fournisseurs de DDL. Les DDL se rémunèrent en permettant l’accès illimité à un contenu protégé par les droits d’auteur. D’ailleurs, ils promettent l’accès à des centaines de films en DDL. Je suis contre les fournisseurs de DDL puisque leur seule ambition est de gagner de l’argent sur le dos des auteurs. Hélas, aujourd’hui, il est plus intéressant pour le consommateur d’aller sur du DDL, que d’acheter ou même louer des produits culturels. Ils offrent surtout un moyen peu coûteux et fiable de contourner Hadopi. Sans oublier que c’est hyper simple. Monsieur et Madame Tout-le-monde peuvent passer au DDL sans appeler un informaticien. Et Hadopi aura exactement l’effet contraire. Cette haute autorité est voué à disparaitre dans les 2 ans à venir. Sauf qu’entre-temps, ils pourront brandir les chiffres en postillonnant que « le téléchargement a baissé de 90% en quelques mois », ce qui sera vrai sur le réseau BitTorrent, mais avec une hausse de 180% sur le DDL.

Flavien de Le blog du modérateur

Pour moi le DDL occupe une brèche laissée ouverte par la frilosité des majors à investir le web à un coût raisonné et raisonnable. L’offre découle de la demande, et les internautes ont toujours été demandeurs de produits culturels sur le net. Rapide à télécharger et à regarder dans la foulée, le DDL répond à une problématique de manière efficace et qui plus est gratuite. Et qui plus est sans se faire prendre par le dispositif Hadopi… Ils monétisent ce service, bien sûr, se basant sur de modèles freemium et des publicités abondantes. Preuve qu’on peut gagner de l’argent sur ce créneau autrement qu’avec des prix exorbitants… Pas éthique le DDL ? Non, bien sûr, ils vendent des produits qui ne leur appartiennent pas. Ils sont fautifs, mais ce ne sont pas les seuls. Vous connaissez l’adage, qui va à la chasse…

J’espère qu’ils pourront être concurrencés un jour par des offres légales de bonne qualité, la plus crédible étant le principe de licence globale qui a pourtant du mal à passer. Des offres légales permettraient d’obtenir des sites moins chargés en publicités et beaucoup plus sûrs pour l’internaute, qui éviterait de tomber sur des bandes-annonces qui tournent en boucle, sur des films X cachés derrière des titres familiaux, sur des releases de mauvaise qualité ou carrément des fichiers malfaisants. Un luxe, un confort et une qualité en plus qui permettraient à l’offre légale de se démarquer… Ce n’est pas encore gagné, le DDL a de beaux jours devant lui.

Skalp de Plug’n Geek

Si d’un point de vue pratique, le DDL semble être l’idéal, d’un point de vue éthique ça va à l’encontre de tout principe développé originellement par le warez et les communautés d’échange.

Le DDL c’est une majorité de sites gavés de pubs ou de virus à l’affût du moindre clic pour engranger un peu plus d’argent. Ils bradent des concepts liés à la gratuité culturelles. Ils représentent la meilleure arme pro-Hadopi qui existe actuellement puisqu’à part le propriétaire du site, tout le monde finit perdant (même si oui, il y a des exceptions).

De plus, les hébergeurs comme megaupload pratiquent le « pousse-au-crime » en donnant des avantages aux gens uploadant chez eux (premium gratuit 1 mois par exemple) et ce, pour bien entendu contracter un maximum de comptes premium le tout, bien évidemment sans reverser le moindre dollar aux auteurs.

Contrairement aux newsgroups, système également centralisé (et payant), le DDL tend à créer un écosystème sans réelle valeur ni éthique (en abusant de la crédulité du end user) là où les newsgroups sont finalement relativement proches du P2P dans l’idéologie (X cherche quelque chose que Y va lui donner et en retour X tentera de dépanner Y).

Xhark de Blogmotion

Le direct download est l’alternative à la licence globale (du moins dans le monde artistique)… au lieu de répartir l’argent des films et musiques aux bénéficiaires en optant pour une licence globale le direct download en met plein la poche au rapidshare, megaupload & co. pour ne citer qu’eux.

Vous avez deux options : payer et avoir un service de qualité (similaire à la licence globale) ou bien télécharger gratuitement et de façon sévèrement limitée mais qu’importe puisque les sites sont blindés de pub… cela rapporte tout de même de l’argent aux fournisseurs de DDL (même si cela coûte rien à l’internaute).

Je préfère, et de loin, le principe des newsgroups qui rejoint également le principe de la licence globale mais différemment. En payant on a accès à un contenu tout à fait conséquent et centralisé, illimité et sans devoir partager le moindre octet. Le tout sécurisé via SSL. Alors que sur le principe du DDL il est rare de trouver les fichiers qui vous intéresse chez un seul fournisseur.

Pour conclure, le DDL c’est le téléchargement pour les étudiants et autres personnes sans budget à accorder là dedans. Pour ma part je paye chez Spotify et je ne télécharge pas de musique. Reste les films en qualité trop souvent dégueulasse en DDL et à un lenteur déplorable pour que ça m’intéresse.

hsz de Blogging in the name of

Alors je vais d’abord te parler de l’aspect pratique. J’utilise le torrent, le DDL et les newsgroups. Au niveau de la rapidité, les newsgroups l’emportent haut la main mais le DDL se défend, pour peu que le fichier ait été hébergé sur un site correct ! Concernant la sûreté, les lois sont tellement floues qu’on ne sait jamais vraiment ce qui peut arriver…
En principe, le seul risque serait qu’une autorité compétente obtienne les logs des serveurs de sites comme Megaupload par exemple. Dans ce cas, les IP des téléchargeurs ainsi que la liste des fichiers téléchargés apparaitront et des sanctions pourraient être appliquées…
Concernant la qualité des fichiers, quand je décide d’utiliser le DDL, je choisi mes liens sur des sites spécialisés, avec des uploaders de confiance. J’ai la quasi certitude qu’au final, le fichier sera exactement comme annoncé.

Là où ça devient vraiment négatif par contre, c’est d’un point de vue éthique. Si « le téléchargement tue les artistes », le DDL tue le partage. La mentalité à complètement changé par rapport à avant. Je ne suis pas un vieux de la vieille mais j’ai eu la chance de connaitre (et participer) à l’ancienne mentalité concernant le téléchargement illégal, l’époque où le DDL n’existait pas dans le sens où on l’entend aujourd’hui. Si fût un temps, cette activité était à but non lucratif et surtout à diffusion plutôt restreinte, maintenant la plupart des sites de DDL sont devenus de vraies entreprises avec page facebook et « chiffre d’affaire » (grâce à la pub notamment). Il faut se montrer et faire des sous, voilà l’évolution..

aKa de Framablog

Je ne vois pas quoi ajouter de plus à l’article de Epelboin (que vous connaissez certainement).

Si ce n’est une petite citation un peu provocatrice que j’invente à l’instant :
« Choisir le DDL au détriment du P2P, c’est un peu comme préférer
l’écosystème Apple au Logiciel Libre ! »

Lionel de Websourcing

A mon avis, le DDL donne une trop grande place au distributeurs. Ils deviennent tout puissant alors qu’avec le P2P, ils n’existaient pas. Du coup, ils font ce qu’ils veulent, et impose par exemple des forfaits payants…. pour télécharger des choses illégales. C’est là que se trouve le pb: faire payer de l’illégal !

En revanche j’ai un avis sur les majors qui n’ont à mon avis pas sus prendre le virage du numérique, et qui maintenant se plaignent du téléchargement. Elles ont fait le maximum pour empêcher l’éclosion de certains formats (MP3 et DIVX) au point de se retrouver larguées technologiquement, alors que les consommateurs ne demandait que ça.

C’est sûr, c’est plus intéressants de vendre un album complet qu’une chanson à l’unité.

Une histoire d’argent encore une fois….

Soufiane de LeBlogger

La question est un peu vague, mais « j’adore le DDL » °__°

Je me connecte souvent à internet à partir du wifi de la fac et ils bloquent les réseaux P2P donc le DDL est le seul moyen que j’ai pour télécharger/regarder gratuitement des trucs payants !
En plus, on ne risque jamais de se faire choper pour téléchargement illégal !

Avec l’habitude, on se rend compte que télécharger en DDL est super rapide pour le téléchargement des fichiers mais aussi pour trouver ces fichiers sur internet.

Par exemple pour trouver un film il suffit de taper le nom du film plus « zip » ou « zshare » ou « megavideo » dans Google pour le regarder ou le télécharger.

Il y aussi plein de sites où on peut télécharger tous ce qu’on veut très très facilement : stagevu.com et downparadise.ws

Cédric de Autourduweb

Le DDL, ou téléchargement direct, est devenu monnaie courante. Un peu comme on prend le temps de lire nos e-mails, on regarde sur nos sites préférés (je ne vais pas en citer) les nouveautés à télécharger !
J’utilise cette pratique mais sans abus. Je dois télécharger environ 10 films par an et tous ne sont pas sortis la veille. Je viens de me remater dernièrement « Total Recall » (oui oui, le film de 1990 avec Arnold Schwarz… Comment il s’écrit son nom bordel ? ), où est-ce que j’allais le trouver celui-là ?

Obligé d’aller faire un tour pour le dégoter en DDL !

Donc non, je n’ai absolument rien contre cette pratique…

Thierry de Cocktail de web

Ma réponse est simple, que ce soit DDL, P2P, Torrents ou autre moyen de télécharger des informations, j’appelle ces technologies des tuyaux. Ce qui importe c’est ce qui passe dedans. Et si tous les tuyaux mènent à Rome, tant mieux.

Gonzague de Gonzague

Ecoute personnellement je trouve que c’est une méthode de téléchargement comme une autre. Elle peut etre rapide mais fastidieuse !

Perroquet

Mon avis :

Franchement, je vois pas ce que je peux ajouter. Je vais juste résumer le tout (ou plutôt essayer de résumer) et donner mon avis (qui a déjà était donné ici)

Comme l’a dit Skalp, « Si d’un point de vue pratique, le DDL semble être l’idéal, d’un point de vue éthique ça va à l’encontre de tout principe développé originellement par le warez et les communautés d’échange. ».

Le DDL a beaucoup d’avantages (d’un point de vue pratique). Téléchargement très rapide (à peu près 7 minutes pour un divx) et ça dépend pas du nombre de personne qui partage ou qui télécharge comme le P2P. Téléchargement très simple, à la porté de tout le monde. De nombreux fichiers multimédia disponibles en français et très facilement trouvables (sur les forums ou sites de streaming..). Possibilité de voir les films sans les télécharger sur les sites de streaming. Et bien sûr, Hadopi ne peut pas vous chopper.

Le DDL a aussi des désavantages (du même point de vue pratique). Téléchargement pas toujours rapide (ça dépend des sites, sur Megaupload ça va très vite mais sur Hotfile ou rapidshare c’est vraiment lent). Enormément de publicités (ça va aussi et surtout dans le point de vue éthique), il y a 3 fenêtres pop-up qui s’ouvre en un seul clic. 54 minutes d’attente pour le streaming après 72 minutes de visionnage (ça coupe au moment le plus intéressant..), bien qu’il soit possible de contourner les minutes d’attente.. Un seul téléchargement à la fois.

D’un point de vue éthique :

Keeg : « Rapidshare, Megaupload et toute la clique brassent un fric assez conséquent. C’est obligatoire, le crime paie, le risque doit être payé et ces systèmes ont FORCEMENT besoin de dollars pour fonctionner.

Pourtant, la question du partage via torrent ou autre P2P prône à la fois le véritable partage, la gratuité, l’indépendance et l’accès à la culture. Il y aura toujours des vierges effarouchées qui viendront dénoncer ces pratiques (mais on peut comprendre et valider leur raisonnement). On les connait, elles mangent grassement au banquet de Matignon en ce moment même. »

Norédine : « Les DDL se rémunèrent en permettant l’accès illimité à un contenu protégé par les droits d’auteur. D’ailleurs, ils promettent l’accès à des centaines de films en DDL. Je suis contre les fournisseurs de DDL puisque leur seule ambition est de gagner de l’argent sur le dos des auteurs. »

Flavien : « Ils monétisent ce service, bien sûr, se basant sur de modèles freemium et des publicités abondantes. Preuve qu’on peut gagner de l’argent sur ce créneau autrement qu’avec des prix exorbitants… Pas éthique le DDL ? Non, bien sûr, ils vendent des produits qui ne leur appartiennent pas. Ils sont fautifs, mais ce ne sont pas les seuls. Vous connaissez l’adage, qui va à la chasse… »

Skalp : « d’un point de vue éthique ça va à l’encontre de tout principe développé originellement par le warez et les communautés d’échange.

Le DDL c’est une majorité de sites gavés de pubs ou de virus à l’affût du moindre clic pour engranger un peu plus d’argent. Ils bradent des concepts liés à la gratuité culturelles. Ils représentent la meilleure arme pro-Hadopi qui existe actuellement puisqu’à part le propriétaire du site, tout le monde finit perdant (même si oui, il y a des exceptions).

De plus, les hébergeurs comme megaupload pratiquent le « pousse-au-crime » en donnant des avantages aux gens uploadant chez eux (premium gratuit 1 mois par exemple) et ce, pour bien entendu contracter un maximum de comptes premium le tout, bien évidemment sans reverser le moindre dollar aux auteurs.

Contrairement aux newsgroups, système également centralisé (et payant), le DDL tend à créer un écosystème sans réelle valeur ni éthique (en abusant de la crédulité du end user) là où les newsgroups sont finalement relativement proches du P2P dans l’idéologie (X cherche quelque chose que Y va lui donner et en retour X tentera de dépanner Y). »

Xhark : « Le direct download est l’alternative à la licence globale (du moins dans le monde artistique)… au lieu de répartir l’argent des films et musiques aux bénéficiaires en optant pour une licence globale le direct download en met plein la poche au rapidshare, megaupload & co. pour ne citer qu’eux.

Vous avez deux options : payer et avoir un service de qualité (similaire à la licence globale) ou bien télécharger gratuitement et de façon sévèrement limitée mais qu’importe puisque les sites sont blindés de pub… cela rapporte tout de même de l’argent aux fournisseurs de DDL (même si cela coûte rien à l’internaute). »

Lionel : « le DDL donne une trop grande place au distributeurs. Ils deviennent tout puissant alors qu’avec le P2P, ils n’existaient pas. Du coup, ils font ce qu’ils veulent, et impose par exemple des forfaits payants…. pour télécharger des choses illégales. C’est là que se trouve le pb: faire payer de l’illégal ! »

hsz : « Si « le téléchargement tue les artistes », le DDL tue le partage. La mentalité à complètement changé par rapport à avant. Je ne suis pas un vieux de la vieille mais j’ai eu la chance de connaitre (et participer) à l’ancienne mentalité concernant le téléchargement illégal, l’époque où le DDL n’existait pas dans le sens où on l’entend aujourd’hui. Si fût un temps, cette activité était à but non lucratif et surtout à diffusion plutôt restreinte, maintenant la plupart des sites de DDL sont devenus de vraies entreprises avec page facebook et « chiffre d’affaire » (grâce à la pub notamment). Il faut se montrer et faire des sous, voilà l’évolution.. »

Qui favorise le développement du DDL ?

Hadopi.

Keeg : « Comme j’ai pu le dire sur l’excellent blog Plug’n Geek de Skalp, « quand on tente de cadenasser un secteur, une économie parallèle se développe et elle n’a pas d’autres choix que d’être lucrative ». »

Moi : Et qui a tenté de cadenasser ce secteur ? C’est Hadopi. Bien qu’elle ne l’est pas fait volontairement, c’est Hadopi qui est la cause de l’explosion du DDL en voulant faire diminuer le téléchargement, elle n’a fait que changer de méthode vers une économie parallèle qui s’est développée.

Keeg : « Il y aura toujours des vierges effarouchées qui viendront dénoncer ces pratiques (mais on peut comprendre et valider leur raisonnement). On les connait, elles mangent grassement au banquet de Matignon en ce moment même.

Ils ont tenté de cadenasser une migraine, ils ont développé une gangrène. »

Norédine : « Et Hadopi aura exactement l’effet contraire. Cette haute autorité est voué à disparaitre dans les 2 ans à venir. Sauf qu’entre-temps, ils pourront brandir les chiffres en postillonnant que « le téléchargement a baissé de 90% en quelques mois », ce qui sera vrai sur le réseau BitTorrent, mais avec une hausse de 180% sur le DDL. »

Les Majors.

Lionel : « En revanche j’ai un avis sur les majors qui n’ont à mon avis pas sus prendre le virage du numérique, et qui maintenant se plaignent du téléchargement. Elles ont fait le maximum pour empêcher l’éclosion de certains formats (MP3 et DIVX) au point de se retrouver larguées technologiquement, alors que les consommateurs ne demandait que ça.

C’est sûr, c’est plus intéressants de vendre un album complet qu’une chanson à l’unité.

Une histoire d’argent encore une fois…. »

Moi : Ils se plaignent du téléchargement mais n’essaye pas de proposer des services équivalent de téléchargement en ligne payant. Et même quand ils proposent de télécharger des films payants, ça ne vaut pas le coup du tout. Prenons Apple comme exemple, les films ne sont pas en bluray et le téléchargement prend 3 heures..

Autres facteurs.

Keeg : « Il y a trois facteurs qui favorisent et vont favoriser encore le développement du DDL :

• L’augmentation du débit Internet (téléchargement)
• La baisse des coûts des serveurs (stockage)
• La mise en place de systèmes répressifs visant le P2P (HADOPI) »

Des solutions ?

Flavien : « J’espère qu’ils pourront être concurrencés un jour par des offres légales de bonne qualité, la plus crédible étant le principe de licence globale qui a pourtant du mal à passer. Des offres légales permettraient d’obtenir des sites moins chargés en publicités et beaucoup plus sûrs pour l’internaute, qui éviterait de tomber sur des bandes-annonces qui tournent en boucle, sur des films X cachés derrière des titres familiaux, sur des releases de mauvaise qualité ou carrément des fichiers malfaisants. Un luxe, un confort et une qualité en plus qui permettraient à l’offre légale de se démarquer… Ce n’est pas encore gagné, le DDL a de beaux jours devant lui. »

Xhark : « Je préfère, et de loin, le principe des newsgroups qui rejoint également le principe de la licence globale mais différemment. En payant on a accès à un contenu tout à fait conséquent et centralisé, illimité et sans devoir partager le moindre octet. Le tout sécurisé via SSL. Alors que sur le principe du DDL il est rare de trouver les fichiers qui vous intéresse chez un seul fournisseur. »

Moi : Pour ma part, je ne vois pas d’autres solutions que d’attendre à ce qu’un nouveau service de téléchargement se crée, meilleur (d’un point de vue pratique, parce que le point de vue éthique, presque tout le monde s’en fout..) que le DDL. Si on doit attendre jusqu’à ce que le DDL soit lui aussi cadenassé par une nouvelle loi, alors on devra attendre très très longtemps, parce que pour l’instant personne ne peut rien faire. Comme l’a dit Skalp, Megaupload se limite à une boite postale à Singapour. Lutter contre le DDL, ça sert strictement à rien. Demandez à plusieurs personnes si ça leur pose un problème que le DDL ne soit pas « bien » d’un point de vue éthique.. Comme l’a dit Keeg, « Entre temps, tout le monde se sert, morale ou pas. ».

Merci à tous les blogueurs qui m’ont répondu !

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  1. [...] Ce billet était mentionné sur Twitter par Raph, Aram Keshishian et Hayk Keshishian, Aram Keshishian. Aram Keshishian a dit: Ce que les blogueurs pensent du DDL http://bit.ly/d4OiAd #Astucee [...]

  2. Cela valait le coup d’attendre ! La confrontation des opinions est intéressantes et je pense aussi qu’un nouveau moyen de téléchargement verra le jour, qui plus est quand l’ipv6 sera devenu le standard…

  3. Tiens, j’avais pas pensé à l’ipv6, je pense aussi que comme tu le dis, un nouveau moyen de téléchargement verra le jour quand l’ipv6 sera devenue le standard.

  4. Article très intéressant. Je fonctionne différemment depuis quelques temps, bien qu’il m’arrive d’utiliser encore de temps en temps le DDL. Je dispose d’un NAS, et c’est très très pratique pour le partage entre amis. Pour ce qui est de nouvelles solutions que ce soit dans le téléchargement ou même en général, je pense que l’avenir du net est dans le cryptage des données. Moi même j’y pense sérieusement, non pas pour télécharger et ruiner les artistes (bidon) mais uniquement par éthique et parce qu’il est inadmissible que l’ont puisse mettre en place du filtrage ou toute sorte de surveillance sur le réseau. C’est sur… Hadopi & cie va développer considérablement le marché parallèle. Ce qui est déjà le cas (rapidshare, megaupload, vpn anonyme,…)

  5. Keeg from SEO et Internet

    Tiens, c’est marrant, mon lien « des initiatives ou tentatives intelligentes » rentre à l’heure où tu publies dans un véritable débat à ce sujet en France. Et pour enfoncer le clou, le gouvernement a refusé catégoriquement d’installer ces centres. Comme c’est bizarre…

    Je relève un passage de Norédine où il redonne la définition historique des pirates. Il est effectivement de bon ton de rappeler pour montrer qu’on se trompe de direction.

    Marrant aussi comme certains ne voit finalement que leur nombril et le coté pratique de la chose, sans aller plus loin que ça^^.

    Billet super intéressant, merci.

  6. Il y a des députés qui sont vraiment bêtes (ça c’est fait^^). D’après cette article, il y a une quinzaine de députés du parti de la majorité qui se demande comment la ministre peut soutenir la création de « salle de shoot » tout en connaissant les «ravages provoqués par les drogues». Et le premier ministre François Fillon, a indiqué que les centres d’injection n’étaient «ni utiles ni souhaitables». Le but de l’État doit être «de réduire la consommation de drogue, non de l’accompagner, voire de l’organiser».

    J’aimerai qu’ils m’expliquent quelques trucs, en quoi fermer les centres d’injection va réduire ou stopper la consommation de drogue ? C’est pas les centres qui ammène la drogue mais les « toxicomanes », donc si il n’y a pas de centres, ils consommeront ça dehors dans la rue et avec de grandes doses. Encore dans les centres, ils consomment ça sous supervision médicale, et si il y a un problème, y a des médecins.. Bon je me calme :p

    Pour le passage de Norédine, il est important de rappeler ce que c’est un vrai pirate, aujourd’hui ça a aucun rapport avec ce que c’était..

  7. [...] Astucee : Ce que les blogueurs pensent du DDL [...]

  8. Laura from Licence

    Merci pour tous ces différents avis, article très intéressant. Je pense de toute manière que ces différents outils de DDL sont amené à se développer encore plus.

  9. Dave from Gagner argent

    Merci pour ce post. Trés intéressant. Gagner de l’argent

  10. passer à traver hadopi avec un acces VPN anti hadopi

  11. nexia from striptease

    J’ai lu récemment que jamais les concerts n’avaient été autant fréquentés ni les salles de cinéma aussi combles…
    Alors le téléchargement illégal, DDl ou P2P, doit bien nuire à quelque chose mais certainement pas à la création.

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